Book Box #21

Racines


Je veux cette Box !

Le thème du mois
« Racines »

Les racines. Qu’elles s’appliquent au règne végétal, à la vie d’un homme ou aux fondements d’une société, elles définissent ce qui fonde, caractérise, interroge, fragilise aussi parfois. Car si les racines sont le fondement de l’existence, le socle qui nous fait naître et nous construit, elles peuvent aussi faire souffrir quand elles sont arrachées, inconnues ou niées. Fidèle à sa tradition, My Book Box est donc partie pour vous à la recherche d’histoires qui s’interrogent sur l’identité – et elle a trouvé !

Des sons, des couleurs, des odeurs, le chant d’une langue familiale : c’est par les sens que Dany Lafferière, aujourd’hui académicien, nous invite à découvrir ses racines haïtiennes dans L’odeur du café, récit écrit à hauteur d’enfant. Mimant les réminiscences du souvenir et le rythme du langage, son écriture fixe des instantanés de l’été de ses dix ans, qu’il passa en compagnie de sa grand-mère Da, pilier de son enfance, et à qui il rend un bouleversant hommage.

Derrière les souvenirs personnels se dessine en filigrane le portrait d’un peuple qui vit sous la coupe du dictateur Duvalier – et qui résiste avec énergie à la misère et à la terreur.

Après le bouleversant L’homme qui m’aimait tout bas, déclaration d’amour posthume à son père adoptif qui lui donna son nom, Eric Fottorino se penche à nouveau sur ses racines en allant, cette fois, à la découverte de l’histoire de son père biologique, qu’il ne rencontra qu’à l’âge de dix- sept ans. Dans Questions à mon père, récit sensible et pudique, père et fils apprennent à s’apprivoiser, se connaître, se découvrir – se reconnaître. Découvrant peu à peu ses origines juives et marocaines, Eric Fottorino nous livre le portrait de deux hommes qui, avant qu’il ne soit trop tard, démontrent avec intelligence que « comme on aime plusieurs enfants, on peut aimer plusieurs pères ».

Prend-on véritablement conscience de ses racines lorsque l’on s’en éloigne ? Désireux de fuir la misère de son pays d’origine, le Camerounais Jende Jonga décide d’immigrer aux Etats-Unis avec sa famille ; son rêve ? Devenir un « vrai américain ». Et tout commence plutôt bien : il se fait engager comme chauffeur d’un riche banquier de chez Lehman Brothers… Dans un récit plein d’énergie qui aborde les difficultés de l’exil, le déchirement entre deux cultures et les rapports entre les classes sociales, Voici venir les rêveurs, écrit par Imbolo Mbue, nous entraîne dans un portrait sans concession des Etats-Unis – Eldorado finalement bien douloureux.

Auteurs in the box

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Dany Lafferrière

Né en 1953 à Port-au-Prince en Haïti, il quitte le pays en 1976 pour des raisons politiques et part vivre au Canada. Il connait le succès dès son premier livre Comment faire l’amour avec un nègre sans se fatiguer en 1985.

Il est élu en 2013 à l’Académie Française, et devient le deuxième écrivain, après Julien Green, à en être membre sans avoir la nationalité française.

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Eric Fottorino

Il naît à Nice en 1960 et démarre sa carrière comme journaliste aprèsavoir fait des études de droitàl’université puis à l’Institut d’études politiques. Il passe 25 ans au quotidien Le Monde, dont il fut directeur de la rédaction puis élu directeur.

Il est le cofondateur de l’hebdomadaire « 1 » en 2014. Il est l’auteur de dix romans, et a reçu entre autres le prix Femina et de l’Académie Française.

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Imbolo Mbue

Née en 1982 au Cameroun dans la ville anglophone de Limbé, elle s’installe aux Etats-Unis en 1998 et vit toujours à Manhattan.

Diplômée de l’université de Rutgers et de Colombia, elle connait le succès avec Voici venir les rêveurs (The Longings of Jende Jonga) , qui est son premier roman. Elle obtient pour ce dernier le PEN/Faulkner Award 2017.

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