Book Box #12

Fratries


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Le thème du mois
« Fratries »

La fratrie inspire : des Frères Karamazov de Dostoïevski à Treize à la douzaine de Frank et Ernestine Gilbreth, en passant par Les Trois sœurs de Tchekov, l’idée est la même : plus on est de frères et sœurs, plus on vit, plus on pleure, plus on offre d’histoires à la littérature. La fratrie inspire également de l’autre côté du miroir, celui des écrivains : il n’est qu’à regarder les chefs d’oeuvre écrits par les sœurs Brontë. Appartenance, jalousie, perte, amour ou affrontement sont donc au cœur de nos (forcément très beaux) choix du mois.

C’est une grosse pointure de la littérature américaine qui ouvre cette sélection. Dans La Position, Meg Wolitzer nous entraîne au cœur de la saga de 4 frères et sœurs qui, lors d’une scène inaugurale se déroulant dans les annés 70 – alors qu’ils sont âgés de 6 à 15 ans -, découvrent dans la bibliothèque familiale le guide écrit par leurs parents sur le désir amoureux – et illustré par des dessins représentant ces derniers. Au-delà du cocasse de la situation, l’auteure va raconter, dans un livre qu’il devient difficile de lâcher, les conséquences qu’aura cet épisode sur la fratrie devenue adulte. Ménageant des allers et retours entre les années 70 et l’année 2005, elle construit une saga familiale touchante, drôle et pudique, aux personnages inoubliables.

S’il est également un livre inoubliable, c’est bien Olivier, de Jérôme Garcin. Celui qui nous a donné l’habitude de nous conduire au plus près de son intimité (Théâtre intime nous dévoile l’histoire du couple qu’il forme avec la fille de Gérard Philipe, La chute de cheval est consacré à la mort de son père) partage cette fois avec nous une perte cruellement fondatrice : celle de son frère jumeau, fauché par une voiture à la veille de ses six ans. De cette insurmontable amputation, Jérôme Garcin construit un livre bouleversant et poétique sur la reconstruction possible – mais aussi sur la culpabilité et le manque éternel éprouvés par celui qui reste.

Enfin, c’est du côté du Québec que l’on vous entraîne pour le dernier roman de cette thématique, sur la piste d’une auteure qui gagne à être découverte : Joselyne Saucier, et d’une fratrie inoubliable, celle des Héritiers de la mine, composée de…21 enfants. Dans un récit d’une âpre densité, dans l’univers des mines oubliées et des contrées laissées à l’abandon du Québec, l’auteure construit un récit obsédant, dans lequel se mêlent les voix, les époques et les parcours de cette gigantesque famille, réunie malgré tout par le plus sombre des secrets. Une magnifique découverte, à dévorer sans modération.

Auteurs in the box

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Meg Wolitzer

Née en 1959 à Brooklyn, elle a grandi à Long Island et vit à New York. Enseignante, scénariste, cette auteure maîtresse en l’art du récit et adepte du creative writing (elle l’a enseigné à l’université) a publié son premier roman, Sleepwalking (pas encore traduit en français) en 1982.
Elle s’est fait connaître de l’autre côté de l’Atlantique avec La Position et Les Intéressants, paru en 2015.

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Jérôme Garcin

Né en 1956, il est élève au Lycée Henri-IV puis devient journaliste, à L’événement du Jeudi notamment, avant de succéder à Pierre Bouteiller aux manettes du célèbre Le Masque et La Plume sur France Inter, dont il raconte l’histoire dans Nos dimanches soirs.
Directeur adjoint du Nouvel Observateur,  il est également l’auteur de nombreux ouvrages ou essais littéraires.

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Joselyne Saucier

Née en 1948 au Nouveau Brunswick, Joselyne Saucier suit des études politiques à l’Université Laval avant de devenir journaliste. Elle publie son premier roman, La Vie comme une image, en 1996, et choisit comme cadre de toutes ses œuvres suivantes la région de l’Abitibi-Témiscamingue. Il pleuvait des oiseaux, publié en 2011, a reçu une pluie de prix, dont le Prix des cinq continents de la francophonie.

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