Book Box #30

Devenir grand


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Le thème du mois
“Devenir grand”

S’il est une période de la vie qui inspire les auteurs, que ce soit ou non dans une démarche autobiographique, c’est bien ces années charnières pendant lesquelles, entre innocence et drame, inné et acquis, jeux et initiation, on « devient grand » ; bref, ces moments décisifs qui sont le creuset de notre identité – pourquoi, et comment, nous sommes devenus ce que nous sommes, de l’enfance à la jeunesse.

Tony Hogan m’a payé un ice-cream soda avant de me piquer maman. Dès le titre, on peut dire que Kerry Hudson, auteure écossaise qui s’est inspirée de sa propre vie pour écrire ce premier roman, a le chic pour nous intriguer et nous embarquer. Le livre est à l’avenant : impossible de lâcher l’histoire de la trajectoire de la jeune Janie, de sa naissance à son entrée dans l’âge adulte. Et pourtant, elle n’est pas rose, cette enfance, qui conduit l’héroïne de HLM minables en centres d’accueil, de beaux-pères en beaux-pères, entre alcool et cigarettes. Mais Janie ne renonce jamais, à l’image de l’écriture énergique et féroce de ce roman jamais larmoyant, empli d’humour et de tendresse.

C’est dans la Bulgarie soviétique qu’Elitza Gueorguieva a passé son enfance. Dans son formidable premier roman Les cosmonautes ne font que passer elle narre à hauteur d’enfant, dans une langue inventive et poétique, sa famille attachante et fantasque – ses parents opposants, son grand-père communiste – , son pays, ses rêves de petite fille. Et comme sa nouvelle école s’appelle Iouri Gagarine, c’est simple : elle veut devenir cosmonaute. La chute du mur amènera, en même temps que l’adolescence, MTV, Kurt Cobain, les punks à crête et la mafia. Cette formidable auteure – à suivre ! – a réussi un livre tourbillonnant dans lequel elle mêle avec brio histoire individuelle et collective.

Devenir grand, c’est se construire, seul et en groupe, c’est chercher – à défaut de forcément trouver – son identité, c’est s’affranchir des règles imposées tout en construisant les siennes, c’est affronter les obstacles, c’est chercher le bonheur, c’est partir en quête de sa liberté, parfois éloignée des formes que la société voudrait nous imposer. Tous ces éléments sont le socle du merveilleux  roman d’Henri Loevenbruck Nous rêvions juste de liberté, le portrait coup de poing et bouleversant d’une bande de quatre amis, bien décidés à grandir ensemble pour trouver le chemin du bonheur qu’on leur refuse. Une ode à l’amitié, un instantané poignant et cruel de la vie, un road trip à dos de moto : vous n’êtes pas prêt d’oublier ce magistral roman initiatique.

Auteurs in the box

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Kerry Hudson

Née en 1980 à Aberdeen (Ecosse), elle grandit dans les quartiers défavorisés de cette ville, ce qui inspirera l’écriture de Tony Hogan m’a payé un ice-cream soda avant de me piquer maman en 2012.

Elle publie son deuxième roman, La Couleur de l’eau, en 2014 et remporte l’année suivante le Prix Femina étranger. Elle vit aujourd’hui à Berlin.

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Elitza Gueorguieva

Née en Bugarie, à Sofia, en 1982, elle vit désormais à Paris.

Elle publie son premier roman, Les Cosmonautes ne font que passer, en 2016, mais a plus d’une corde à son arc : détentrice d’un master de création cinématographique et d’un master de création littéraire à l’Université Paris 8-Saint Denis, elle est la réalisatrice de documentaires de création vidéo (Chaque mur est une porte).

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Henri Loevenbruck

Né le 21 mars 1972 à Paris, sa jeunesse se partage entre la France et l’Angleterre. Il suit des études littéraires avant de se lancer dans le journalisme et la musique.

Auteur de thrillers, de romans d’aventure et de fantasy, il connaît tôt le succès avec sa trilogie La Moïra, puis avec la série des Ari Mackenzie. Il compose des chansons pour lui-même et pour d’autres, et a joué dans plusieurs groupes.

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